Dans les modèles logiques de la sémantique, l’analyse d’un énoncé a
pour résultat une représentation de son sens sous forme d’expression ou
de graphe. Ici, dans une problématique de conception de dialogue homme
machine, l’interprétation a pour objectif d’extraire du matériau
linguistique les contraintes sémantiques conditionnant les
enchaînements conversationnels possibles. Ces contraintes sont obtenues
par une recherche de dépendance sémantique entre les
lexèmes de l’énoncé à partir des connaissances du système sur le
contenu sémantique des lexèmes. Ces connaissances paradigmatiques ne
sont pas des dictionnaires ou des réseaux sémantiques, mais sont des
systèmes hiérarchiques de tables produites par combinatoire des
différences entre les significations, et lorsqu’un mot est polysémique,
ses significations prennent place dans plusieurs de ces tables. Les
systèmes de tables sont construits dans un processus interactif entre
la machine et un partenaire humain qui interprète les énoncés du
dialogue observé. Le processus d’interprétation consiste à rechercher
des isotopies réduisant la polysémie lexicale et
assurant la cohésion et la cohérence des énoncés. Les interprétations
de la machine sont soumises à la validation du partenaire humain. Si
elles ne sont pas jugées satisfaisantes, c’est qu’il manque des
connaissances paradigmatiques. Il convient alors de relancer la boucle
interactive afin de décrire de nouvelles significations en introduisant
de nouvelles différences, puis d’exécuter à nouveau le calcul
interprétatif.
Par l’interaction avec un partenaire humain qui analyse des dialogues
réels, des connaissances sémantiques sont acquises sous forme de
systèmes de valeurs paradigmatiques et le système les réutilise pour
proposer de nouvelles interprétations. La compétence interprétative
s’améliore ainsi au fur et à mesure de son utilisation.