Accueil du site Accueil du site Adhésion Contact Plan du site
Cinquantenaire de l’ATALA, 23 juin 2009, La Sorbonne

Discours d’ouverture de la présidente de l’ATALA

Frédérique Segond

C’est avec un immense plaisir et une très grande émotion que j’ai l’honneur d’ouvrir, dans ce lieu ô combien historique qu’est la Sorbonne, cette journée qui fêtera les 50 ans de l’Association pour le Traitement Automatique des Langues. Je voudrais commencer par remercier le comité d’organisation du cinquantenaire et en particulier sa présidente Laurence Danlos. Organiser un tel événement relève du même défi que celui d’organiser un mariage. Il faut convaincre son banquier, trouver la date, choisir la salle, faire bien attention a ne vexer ni l’oncle Paul, ni la tante Annette, choisir les petits fours, faire les cartons d’invitation, penser aux photographes, penser aux discours, aux distractions, à la sono et au co-voiturage. Toutes et tous ont donné de leur temps et de leur formidable énergie pour que nous soyons tous ici réunis. Une seule chose que le comité n’ait pas gérée sont les rendez-vous chez le coiffeur et la tenue des mariés. Mais à vous voir tous si splendides aujourd’hui, on peut dire que vous vous en êtes superbement sortis.

Merci aussi à tous les adhérents de l’ATALA de faire vivre l’association par leur travail et leurs idées et bien entendu aussi, par leurs deniers. Merci aussi de la confiance qu’ils m’ont accordée en me choisissant comme présidente.

Merci, enfin, à vous toutes et tous, filles et fils de la linguistique informatique ou non, scientifiques, utilisateurs, curieuses et curieux du traitement automatique des langues. Merci a vous d’être venus si nombreux fêter les cinquante années de recherche, de développement et même de commercialisation du TAL.

L’ATALA se félicite de fêter aujourd’hui ses 50 ans de traitement automatique des langues. D’aucuns s’interrogent encore sur ce qu’est l’objet de cette discipline. Une expérience partagée par nombre d’entre nous est l’embarras dans lequel nous nous trouvons quand lors de réunions mondaines, amicales ou familiales arrive la fatidique question : tu fais quoi, dans la vie ? Linguiste informaticien. La réponse engendre gène et curiosité. Certains, d’ailleurs fort sympathiques, font semblant de comprendre et sont admiratifs : "ça doit être passionnant, tu en as de la chance" et la conversation glisse vers le dernier film que l’on a vu. D’autres, pourtant, s’obstinent : “mais ça consiste en quoi ça la linguistique informatique ?" Longtemps j’ai répondu en disant que ça consistait à écrire des programmes qui permettaient de traduire des livres d’une langue à l’autre. Aujourd’hui, grâce au développement d’Internet et de la toile, on peut ajouter : le traitement automatique des langues permet d’améliorer les performances des moteurs de recherche. Grâce à la diffusion de technologies comme celles des téléphones portables on peut parler de commandes vocales, de dictées automatiques. On semble ainsi moins mystérieux, mais alors nos interlocuteurs veulent en savoir davantage. "Et vous faites ça comment ?" Vaste programme ! Et nous revoilà expliquant : on regarde les documents, les phrases, les mots. On les observe dans tous leurs états, écrits, parlés, multilingues, multi sens. On regarde comment les mots se comportent, seuls, en groupe, comment ils s’accouplent, comment ils naissent, comment ils disparaissent.

Certains, les statisticiens, les observent et les comptent. Leur devise est sans doute proche de celle des shadoks : Plus ça rate plus ça a de chance de réussir. Les symboliques, plus contemplatifs, plus Professeur Tournesol, les modélisent sans fin dans leur tête. D’autres, enfin, on les appellera les hybrides, font le pont entre les deux, pour donner naissance à des Tournesol Shadock.

Comme je le disais au tout début, dans notre ère électronique, cette bande de zazous du TAL se révèle très utile et nous nous en réjouissons. Utile à tel point que d’autres, encore plus zazous cherchent même à gagner de l’argent en vendant des outils issus du TAL. Même les institutions publiques, nationales et européennes s’enthousiasment pour le domaine. Et ce phénomène n’est pas seulement circonscrit à ce petit village de gaulois de l’ATALA mais gagne toute la planète. Sont ils devenus fous ?

Nous espérons que cette journée démontrera le contraire. Aujourd’hui c’est un condense de toute cette aventure langagière qui vous sera présenté.

D’abord, le passé : il était une fois un petit linguiste qui avait trouve un ordinateur ; puis le présent du TAL, avec ses recherches, ses applications, ses services et son aspect international. Enfin, l’avenir : vers quelles recherches, vers quelles applications nous dirigerons nous ?

L’ATALA a cinquante ans.

Groucho Marx disait : “L’âge n’est pas un sujet intéressant, tout le monde peut vieillir. La seule chose à faire est de vivre assez longtemps." Alors, longue vie a l’ATALA et que la fête commence !

Un immense merci.



Date de dernière mise à jour : 1er juillet 2009, auteur : Marie-Laure Guénot.