Contribution à un modèle interactionniste du sens --Amorce d'une compétence interprétative pour les machines

Pierre Beust

Equipe : GREYC CNRS-UPRES-A 6072
Courriel : beust@info.unicaen.fr
Page : http://www.info.unicaen.fr/~beust/

Contenu

Mots-clés : Traitement automatique des langues, Interprétation, Dialogue homme-machine, Sémantique

Résumé
L’objectif de cette thèse est une contribution pour la modélisation en informatique de l’interprétation des énoncés en langue naturelle. La démarche retenue est expérimentale, elle consiste à analyser le déroulement des interactions langagières pour construire un modèle computationel à partir de ce qui est observé. Le modèle de la compétence interprétative visé n’est pas un modèle du fonctionnement cognitif individuel, comme dans une perspective cognitiviste, mais un modèle de l’activité conjointe dans une perspective interactionniste. L’apprentissage par l’interaction homme - machine a été choisi comme mode de conception par amorce d’un système d’interprétation. Cet apprentissage n’est pas une phase préalable à son utilisation, il est intrinsèque à son activité d’attribution de sens.

Dans les modèles logiques de la sémantique, l’analyse d’un énoncé a pour résultat une représentation de son sens sous forme d’expression ou de graphe. Ici, dans une problématique de conception de dialogue homme
-  machine, l’interprétation a pour objectif d’extraire du matériau linguistique les contraintes sémantiques conditionnant les enchaînements conversationnels possibles. Ces contraintes sont obtenues par une recherche de dépendance sémantique entre les lexèmes de l’énoncé à partir des connaissances du système sur le contenu sémantique des lexèmes. Ces connaissances paradigmatiques ne sont pas des dictionnaires ou des réseaux sémantiques, mais sont des systèmes hiérarchiques de tables produites par combinatoire des différences entre les significations, et lorsqu’un mot est polysémique, ses significations prennent place dans plusieurs de ces tables. Les systèmes de tables sont construits dans un processus interactif entre la machine et un partenaire humain qui interprète les énoncés du dialogue observé. Le processus d’interprétation consiste à rechercher des isotopies réduisant la polysémie lexicale et assurant la cohésion et la cohérence des énoncés. Les interprétations de la machine sont soumises à la validation du partenaire humain. Si elles ne sont pas jugées satisfaisantes, c’est qu’il manque des connaissances paradigmatiques. Il convient alors de relancer la boucle interactive afin de décrire de nouvelles significations en introduisant de nouvelles différences, puis d’exécuter à nouveau le calcul interprétatif.

Par l’interaction avec un partenaire humain qui analyse des dialogues réels, des connaissances sémantiques sont acquises sous forme de systèmes de valeurs paradigmatiques et le système les réutilise pour proposer de nouvelles interprétations. La compétence interprétative s’améliore ainsi au fur et à mesure de son utilisation.
 

Informations administratives

Jury

  • Anne Nicolle — Co-directeur
  • Laurent Gosselin — Co-directeur
  • François Rastier — Rapporteur
  • Bernard Levrat — Rapporteur
  • Jean Sallantin — Rapporteur
  • Jean-Marie Pierrel
  • Bernard Victorri
  • Jacques Coursil

Université : Université de Caen

Discipline : Informatique

Date de soutenance : 22 décembre 1998

Lieu de soutenance : MRSH - Campus 1
 


Ces renseignement ont été saisis le 21/10/1999 par Catherine Maksud.